Découverte du port d'Anvers avec

Le port d’Anvers, sortie du 12.10.2002

Une idée, un rêve. Naviguer dans le port d’Anvers, voir les cargos de près, batifoler le long des quais, au milieu des docks.

Ce rêve, j’en ai fait part un soir à notre ami Jacques Van Haelst, et il m’a dit :’’fonce, tu as carte blanche’’. 

Naviguer dans le port ne s’improvise pas, ne se fait pas sans autorisation, ne peut s’envisager sans une reconnaissance sur place.

Après demande téléphonique, envoi de nombreux e-mails, rencontre avec le Capitaine Ronse sur place, évaluation in situ de la mise à l’eau en compagnie d’un ‘’Dockmeester’’ et de notre ami Jean-Paul Cattelain, obtention d’un numéro ‘’FD Nummer’’ (numéro du service financier…il faudra honorer des droits pour le passage des écluses et, comme on dit pudiquement dans le jargon journalistico-financier, à l’heure où nous mettons sous presse, nous ne savons toujours pas quel sera le coût de cette sortie !), nous pouvons enfin définir la date de notre périple. Ouf !

A part un désistement de dernière minute et un membre qui préfère le radioguidage par GSM pour nous rejoindre, tout le monde est à l’heure et le départ prévu à 10.30h se fait à 10.40h après un petit briefing.

Le port d’Anvers : 127 km de quais d’accostage, 90 km de bassins, 276 km de routes et 842 km de voies ferrées !  Des écluses mesurant de 110 M à 500 M de long !  Anvers, un des dix premiers ports du monde.

Et nous y sommes avec nos pneus.  C’est impressionnant de voir les cargos encadrés par deux remorqueurs (un devant, dans le bon sens et un derrière, en sens inverse de la marche pour mieux diriger le convoi), un cargo pivotant seul grâce à son hélice d’étrave et  se mettant seul à quai après avoir culé sur deux kilomètres!

 

Nous devons avoir l’œil sur tous les mouvements dans le port : priorité absolue devant être donnée aux professionnels. 

 

Quittant l’endroit de mise à l’eau, nous poussons une pointe vers les deux écluses réservées uniquement aux cargos (Zandvliet- et Berendrechtsluizen – 500 m de long chacune) et redescendons vers le sud en visitant les docks. Nous approchons des monstres d’acier au plus près et sans risques.  

 

Respectant le programme que je m’étais fixé,  c’est en flotille que nous passons sous le pont Siberia sans devoir le faire lever et attendons devant le pont London menant au Willemdock où se trouve le port de plaisance.  Petite pause de 50 minutes. Nous mettons nos montures au ponton et allons voir de plus près quelques belles unités.  Aujourd’hui, il y a un mini salon à flot avec une vingtaine de voiliers.  Certains profitent de l’occasion pour se rendre chez les shipschandlers locaux. 

Miracle ! Tout le monde est à l’heure pour le départ.  Nous reprenons le chemin en sens inverse pour sortir du port de plaisance.  Devant la Royerssluis nous apprenons par VHF qu’il y a une heure d’attente pour le prochain éclusage. En attendant, on se fait une petite balade dans la partie Est du port.

 

Début de la pluie…c’est la seule chose que je n’aie pu régler avec les autorités portuaires !

Entrée dans l’écluse en troisième position, après deux péniches.  Cinq mètres plus bas, nous sortons enfin sur l’Escaut qui a le cœur à marée basse.  Petit passage devant le ‘’Steen’’ et descente de l’Escaut vers l’écluse Van Cauwelart.

 

Contrôle de routine par la police :  ‘’Est-ce que tout le monde a son permis, est-ce que chaque bateau a des gilets de sauvetage ?’’ Affirmatif !  Le BPC est un club sérieux et organisé.  C’est en tout cas ce que j’ai répondu avec un aplomb digne d’un arracheur de dents.  Dans ce genre de situation, il est évident que chacun doit pouvoir assumer sa situation personnelle à son bord.  Il n’appartient ni au Club ni à moi-même de prendre la responsabilité de l’ensemble des bateaux.  Si un contrôle personnel avait été effectué, je laisse à chacun le soin de mesurer les conséquences éventuelles des manquements à bord (Cartes, Gilets, Permis ou tout matériel obligatoire). 

Après ce bref arrêt, on y est allé à son rythme…manette dans le coin pour la plupart. 

Et de nouveau une demi-heure d’attente devant l’écluse.  

Ciel gris, eau glauque, crachin, entre Simenon et Brel, j’apprécie ces moments où on est à bord de son bateau.  Les lumières des usines, les feux des bouées, nous sommes dans un décor qui parfois paraît irréel.

Passage de l’écluse et retour dans les docks. C’est le moment de rejoindre le quai 608-610 pour la sortie de l’eau.  Après avoir remis le bateau sur la remorque en ayant copieusement rempli mes bottes, je reprends la route avec des images plein la tête, des souvenirs pour l’hiver et aussi avec une certaine fierté d’avoir organisé cette journée ‘’hors des sentiers battus’’.

Total de la journée : 36 NM, 10 bateaux présents et notre président venu squatter un pneu pour la journée.

Pour une première, le bilan est positif.  Sans aucun doute une sortie à refaire…

Patrick Taminiau sur VITRIOL

Belgian PneumatiClub

bpc@chello.be


Mise en page sur pneuboat.com le 12 janvier 2003