RAID BALEARES 2003
L’embarcation
elle, est toujours la même, un bateau pneumatique semi-rigide 6,5 mètres de
marque BWA, propulsé par deux moteurs hors-bord 4 temps de 80 Ch chacun.
Le
bateau est armé en 3ème catégorie afin d’effectuer les différentes
traversées nécessaires dans la réglementation la plus stricte.
Nous
exploitons à fond l’extraordinaire capacité d’emport de ce type de
bateau ; il nous faut loger, en plus des 6 personnes embarquées, les sacs
étanches (HPA), le matériel pour les bivouacs, le radeau de survie et le
carburant réparti en plusieurs réservoirs, au total 280 L.



Le
bateau sanglé sur sa remorque, le véhicule lourdement chargé, la moitié de
l’équipe part de Bordeaux vers Empuria, avec pour objectif la mise à l’eau le
soir même.
Après
un pot pour marquer le début de cette aventure, nous partons pour la station
service afin d’abreuver la bête en vue de sa course folle ; vient ensuite
l’heure de la mise à l’eau…
Il
est 22h passé, et ceux qui naviguent en Espagne, connaissent bien la difficulté
de trouver des rampes de mise à l’eau sur ce littoral ; toutes les rampes
sont réglementées avec des heures d’ouverture, et sont bien entendu, payantes.
Nous
décidons alors de nous rendre à Rosas, la ville voisine, mais après avoir sillonné
tout le port, nous ne sommes pas plus avancés.
Une
demi-solution est trouvée en passant par la plage, déserte à cette heure-ci,
mais celle-ci est très plate, et nous ne savons pas trop si cela sera adapté
pour un bateau d’une tonne.
Nous
partons manger avant cette mise à l’eau qui s’annonce difficile …
Vers
minuit et demi, le bateau est préparé pour retrouver son élément, et tout doit
se passer assez rapidement. Heureusement, nous sommes nombreux, et cela nous
sauve ; il est 1h du matin quand le BWA met doucement le cap vers son
point de départ défini à 6h.

Riches de notre expérience Corse, nous voulions renouveler l’aventure tout en renforçant un peu la difficulté, avec un aspect novateur. C’est le terrain de jeu Méditerranéen qui est encore choisi, et cette fois, les distances à parcourir se rallongent nettement, puisque nous prévoyons de naviguer sur plus de 630 milles nautiques en 5 jours.
Notre
regard se porte tout naturellement vers les îles Baléares, dont nous
choisissons de rejoindre et faire le tour des trois principales (Majorque, Ibiza, Minorque).
C’est
avec un peu de retard que nous rejoignons le bateau, et tout s’organise à
merveille, l’expérience aidant… Hinano
est encore sur le pont pour nous voir partir, décidément ils ont la foi, dans
cette famille !!!
C’est
exactement à 6h 50 que nous passerons la digue d’Empuriabrava, cap sur Pollença
(côte Nord-Ouest de Majorque) à 140 milles nautiques de là.
Par
quart d’une heure, nous nous relayons à la barre de Yellow Storm, et très peu
d’entre nous sont habitués à tenir un cap sans aucun repère autour.
Les
conditions sont idéales, le bateau navigue dans un confort inespéré.
Quant
au carburant, il coule bien aussi, nous arrivons à la fin des 160 L de notre
réservoir principal que nous décidons de vider jusqu’au bout.
C’est
à 13h 40 que nous franchissons la digue de Pollença, le poste à carburant est
fermé, renseignements pris, cela nous laisse le temps d’aller manger pour
revenir à 15h.

Initialement
il était prévu que nous bivouaquions dans le coin, mais il est 16h, et nous
décidons d’avancer un peu plus loin tant que la mer le permet.
Il est plus de 17h quand nous quittons Soller, et le problème du campement commence vraiment à se poser ; ce sont une succession de falaises rocheuses tombant sur de courtes plages très inclinées, en galets. Chacun émet son opinion sur tel ou tel endroit, et nous nous
voyons mal installer un bivouac pendu à la
falaise comme le font les alpinistes ; nous, nous sommes des
marins !!!
Viens
ensuite le montage du bivouac, avec trois tentes à installer, et le repas à
préparer. Lolo (83/88), chargé de l’intendance, a éprouvé beaucoup de
difficulté pour le premier montage de sa tente, et nous l’avons vu tourner
autour, à la manière d’une poule qui aurait trouvé un couteau ! La solidarité aidant la tente fut dressée
rapidement !
Nous
avons navigué de 6h 50 à 19h, parcouru 207 nautiques (383 Km) et englouti 271 L
de carburant.
Réveillés
à 5h par une horde de chalutiers et leur diesel bruyant, nous ne sommes pas en
retard pour plier le matériel, c’est à 8h pile que nous nous amarrons aux
pompes du port d’Andraitx. Nous ne sommes pas réellement étonnés de n’y trouver
personne malgré l’indication des horaires d’ouverture. 8h
15, le pompiste arrive doucement… 80
L et 64€ plus tard, nous mettons le cap sur la pointe Nord Ouest d’Ibiza avec
une mer sans une ride et un soleil parfaitement au rendez-vous. 2h 30 nous
séparent de la punta Moscarte sur Ibiza, nous longeons maintenant la côte Ouest
de l’île. Juste avant le port de San Antonio, un site particulier avec une
roche en voûte sur l’eau nous arrête pour quelques photos. Nous reprenons notre
route sans oublier de récupérer le photographe que nous avions posé sur le
rocher…
Il
est 11h 45 quand nous pénétrons dans le port de San Antonio, la nav d’hier nous
permet d’arriver avec une demi-journée d’avance sur le programme. Immédiatement
nous sommes interceptés par un agent du port qui nous assigne une place et nous
suggère d’aller régler les 7 € relatifs à nos deux heures d’escale…
« -Taxe minimale », comme ils disent… Bienvenu à Ibiza !

Nous
profitons des sanitaires, auxquelles il faut quand même rajouter 1€ pour l’eau
chaude, et nous partons en ville pour le ravitaillement alimentaire. Nous
ressortons ensuite du port pour manger directement sur le bateau ;
celui-ci est mouillé devant une plage de sable blanc non loin de là. Une eau
d’un bleu turquoise sera le cadre de notre repas.
Vers
15h, nous reprenons notre route en contournant la pointe Sud d’Ibiza. La côte à
cet endroit, ne présente pas d’intérêt particulier. Nous nous faufilons entre
Ibiza et Formentera avec un petit regret de ne pouvoir aller flâner sur cette
petite île que nous ne verrons que de loin. Le BWA pointe son nez maintenant
sur le port d’Ibiza, gigantesque, composé de marinas, bassins de commerce, et
bateaux de promenade, nous n’y ferons pas escale par crainte de se faire
lourdement taxer pour aller boire une simple bière !
A
16h 30, nous rentrons dans le port de Santa Eulalia pour le carburant
nécessaire à la traversée retour vers Majorque. Une fois les pleins fait, nous
demandons un petit coin pour une heure d’escale, le temps de se détendre un
peu ; dans ce port, on vous demande 30€ de caution pour laisser le bateau
au quai d’accueil, si nous ne sommes pas revenus dans l’heure, ils encaissent
la somme !!!
Les
yeux sur la montre, nous buvons rapidement notre bière, et quittons ce lieu
sans aucun regret…
Nous
arrivions au point bouclant le tour complet de l’île, quand enfin, nous
trouvons la perle rare, un abri pour le bateau, et suffisamment d’espace pour
les tentes, il est 19h. Après cette longue recherche, nous avons largement
mérité l’apéro ; Lolo et Jean Claude s’activent.
Nous
avons navigué de 8h à 19h, parcouru 118 Mn (218 Km), et consommé 150 L.







