RAID BALEARES 2003

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’embarcation elle, est toujours la même, un bateau pneumatique semi-rigide 6,5 mètres de marque BWA, propulsé par deux moteurs hors-bord 4 temps de 80 Ch chacun.

Le bateau est armé en 3ème catégorie afin d’effectuer les différentes traversées nécessaires dans la réglementation la plus stricte.

Nous exploitons à fond l’extraordinaire capacité d’emport de ce type de bateau ; il nous faut loger, en plus des 6 personnes embarquées, les sacs étanches (HPA), le matériel pour les bivouacs, le radeau de survie et le carburant réparti en plusieurs réservoirs, au total 280 L.

 

 

 

 

 

 

 

 

inédit en semi-rigide

 

 

 

La base de départ choisie, est Empuriabrava dans la baie de Rosas en Espagne, ce lieu bien connu par l’un d’entre nous s’apparente à un gigantesque paradis de la plaisance dans le style marina de Floride…

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 28 Mai 2003 15h

Le bateau sanglé sur sa remorque, le véhicule lourdement chargé, la moitié de l’équipe part de Bordeaux vers Empuria, avec pour objectif la mise à l’eau le soir même. Vers 21h, nous rentrons dans la superbe marina où nous attend le reste de l’équipe, ainsi qu’un membre de PNEUBOAT  (Hinano) venu nous assister pour ce départ qui va être plus mouvementé que prévu…

Après un pot pour marquer le début de cette aventure, nous partons pour la station service afin d’abreuver la bête en vue de sa course folle ; vient ensuite l’heure de la mise à l’eau… Là, la déconvenue est de taille, puisque la rampe choisie pour sa disponibilité à toute heure est barrée par deux énormes blocs de béton !!!

Il est 22h passé, et ceux qui naviguent en Espagne, connaissent bien la difficulté de trouver des rampes de mise à l’eau sur ce littoral ; toutes les rampes sont réglementées avec des heures d’ouverture, et sont bien entendu, payantes.

Nous décidons alors de nous rendre à Rosas, la ville voisine, mais après avoir sillonné tout le port, nous ne sommes pas plus avancés.

Une demi-solution est trouvée en passant par la plage, déserte à cette heure-ci, mais celle-ci est très plate, et nous ne savons pas trop si cela sera adapté pour un bateau d’une tonne.

Nous partons manger avant cette mise à l’eau qui s’annonce difficile …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers minuit et demi, le bateau est préparé pour retrouver son élément, et tout doit se passer assez rapidement. Heureusement, nous sommes nombreux, et cela nous sauve ; il est 1h du matin quand le BWA met doucement le cap vers son point de départ défini à 6h.

Couchés à 2h, levés à 5h ; le ton est donné, c’est bien un raid qui commence.

 

 

 

 

 

Riches de notre expérience Corse, nous voulions renouveler l’aventure tout en renforçant un peu la difficulté, avec un aspect novateur. C’est le terrain de jeu Méditerranéen qui est encore choisi, et cette fois, les distances à parcourir se rallongent nettement, puisque nous prévoyons de naviguer sur plus de 630 milles nautiques en 5 jours.

Notre regard se porte tout naturellement vers les îles Baléares, dont nous choisissons de rejoindre et faire le tour des trois principales (Majorque, Ibiza, Minorque).

 

 

 

 

 

 

Jeudi 29 Mai 2003

C’est avec un peu de retard que nous rejoignons le bateau, et tout s’organise à merveille, l’expérience aidant… Hinano est encore sur le pont pour nous voir partir, décidément ils ont la foi, dans cette famille !!!

C’est exactement à 6h 50 que nous passerons la digue d’Empuriabrava, cap sur Pollença (côte Nord-Ouest de Majorque) à 140 milles nautiques de là. La mer est incroyablement calme, le ciel est sans un nuage, mais l’air reste frais à plus de 22 nœuds. Pendant une heure, nous longeons la côte Espagnole vers le sud, en passant devant les îles Medes et El Estartit (antre de la plongée) et c’est au cap Bégur que nous quittons le continent et nous nous élançons vers ces îles qu’aucun d’entre nous ne connaît.

Par quart d’une heure, nous nous relayons à la barre de Yellow Storm, et très peu d’entre nous sont habitués à tenir un cap sans aucun repère autour. La difficulté principale sera donc de ne pas zigzaguer pour ne pas rallonger la distance à parcourir… Dès que le sillage serpente quelque peu, les réflexions vont bon train vers le pilote en cause !  Cela devient même la préoccupation principale des barreurs, qui finalement, regardent plus souvent derrière que devant !!!

Les conditions sont idéales, le bateau navigue dans un confort inespéré. Nous rencontrons quelques ailerons à la surface, des dauphins, et autres poissons-lune se faisant surprendre par notre vitesse.

Quant au carburant, il coule bien aussi, nous arrivons à la fin des 160 L de notre réservoir principal que nous décidons de vider jusqu’au bout. Après environ 5h de route, les moteurs calent nous signifiant le changement de réservoir. La réserve additionnelle de 55 L placée à l’arrière est branchée sur le filtre décanteur, et c’est reparti… Pas pour longtemps, à peine avons-nous mis la puissance de croisière q’un des moteurs cale à nouveau, c’est sur, c’est un problème d’alimentation. Nous réamorçons le circuit, mais rien n’y fait, nous sommes toujours en panne à plus de 30 milles de l’île. Le circuit de carburant est vérifié, mais nous ne trouvons rien. Nous en venons à penser que la durite est trop étroite ; ce réservoir additionnel n’a pas pu être testé avant notre départ. Ce petit détail aurait pu prendre une autre importance sur une mer moins favorable… Il nous faut donc transvaser dans le réservoir principal. 10 minutes après, Lolo qui commençait à être malade, est plutôt content de nous voir repartir vers notre destination.

C’est à 13h 40 que nous franchissons la digue de Pollença, le poste à carburant est fermé, renseignements pris, cela nous laisse le temps d’aller manger pour revenir à 15h. Après repas et balade, il est 15h 15 quand nous nous repositionnons devant les pompes, mais toujours personne… Un petit appel à la VHF résoudra le problème. Nous avons consommé 193 L et parcouru 148 Mn (mesuré au GPS) pour cette première traversée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Initialement il était prévu que nous bivouaquions dans le coin, mais il est 16h, et nous décidons d’avancer un peu plus loin tant que la mer le permet. Nous commençons donc notre descente de la cote Ouest de Majorque en scrutant bien la découpe du littoral pour dénicher l’endroit idéal pour notre bivouac.Nous ferons encore une courte escale à Puerto Soller pour charger un peu d’eau douce à quai.

Il est plus de 17h quand nous quittons Soller, et le problème du campement commence vraiment à se poser ; ce sont une succession de falaises rocheuses tombant sur de courtes plages très inclinées, en galets. Chacun émet son opinion sur tel ou tel endroit, et nous nous

voyons mal installer un bivouac pendu à la falaise comme le font les alpinistes ; nous, nous sommes des marins !!! Nous arrivons à l’extrémité Sud Ouest de l’île, le port d’Andraitx n’est plus très loin. Nous doublons la dernière pointe avant le port, et là miracle, la crique idéale, bien abritée pour le bateau, et de l’espace pour les tentes. Le port est à peine à un demi mille, nous pourrons y trouver du carburant, et ce sera un excellent point de départ pour la traversée vers Ibiza le lendemain matin.

Viens ensuite le montage du bivouac, avec trois tentes à installer, et le repas à préparer. Lolo (83/88), chargé de l’intendance, a éprouvé beaucoup de difficulté pour le premier montage de sa tente, et nous l’avons vu tourner autour, à la manière d’une poule qui aurait trouvé un couteau !  La solidarité aidant la tente fut dressée rapidement !

Nous avons navigué de 6h 50 à 19h, parcouru 207 nautiques (383 Km) et englouti 271 L de carburant.

 

 

 

 

 

Vendredi 30 Mai 2003

Réveillés à 5h par une horde de chalutiers et leur diesel bruyant, nous ne sommes pas en retard pour plier le matériel, c’est à 8h pile que nous nous amarrons aux pompes du port d’Andraitx. Nous ne sommes pas réellement étonnés de n’y trouver personne malgré l’indication des horaires d’ouverture. 8h 15, le pompiste arrive doucement… 80 L et 64€ plus tard, nous mettons le cap sur la pointe Nord Ouest d’Ibiza avec une mer sans une ride et un soleil parfaitement au rendez-vous. 2h 30 nous séparent de la punta Moscarte sur Ibiza, nous longeons maintenant la côte Ouest de l’île. Juste avant le port de San Antonio, un site particulier avec une roche en voûte sur l’eau nous arrête pour quelques photos. Nous reprenons notre route sans oublier de récupérer le photographe que nous avions posé sur le rocher…

Il est 11h 45 quand nous pénétrons dans le port de San Antonio, la nav d’hier nous permet d’arriver avec une demi-journée d’avance sur le programme. Immédiatement nous sommes interceptés par un agent du port qui nous assigne une place et nous suggère d’aller régler les 7 € relatifs à nos deux heures d’escale… « -Taxe minimale », comme ils disent… Bienvenu à Ibiza !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous profitons des sanitaires, auxquelles il faut quand même rajouter 1€ pour l’eau chaude, et nous partons en ville pour le ravitaillement alimentaire. Nous ressortons ensuite du port pour manger directement sur le bateau ; celui-ci est mouillé devant une plage de sable blanc non loin de là. Une eau d’un bleu turquoise sera le cadre de notre repas.

Vers 15h, nous reprenons notre route en contournant la pointe Sud d’Ibiza. La côte à cet endroit, ne présente pas d’intérêt particulier. Nous nous faufilons entre Ibiza et Formentera avec un petit regret de ne pouvoir aller flâner sur cette petite île que nous ne verrons que de loin. Le BWA pointe son nez maintenant sur le port d’Ibiza, gigantesque, composé de marinas, bassins de commerce, et bateaux de promenade, nous n’y ferons pas escale par crainte de se faire lourdement taxer pour aller boire une simple bière ! Nous préférons continuer vers notre point de ravitaillement en carburant situé non loin de là plus au Nord.

A 16h 30, nous rentrons dans le port de Santa Eulalia pour le carburant nécessaire à la traversée retour vers Majorque. Une fois les pleins fait, nous demandons un petit coin pour une heure d’escale, le temps de se détendre un peu ; dans ce port, on vous demande 30€ de caution pour laisser le bateau au quai d’accueil, si nous ne sommes pas revenus dans l’heure, ils encaissent la somme !!!   A cet endroit, nous avons même vu l’équipage d’un gros voilier se faire vivement brocarder parce qu’ils gênaient, nous avons même cru qu’ils allaient leur larguer les amarres avant que ceux-ci n’aient mis en route !   Quel accueil !!!

Les yeux sur la montre, nous buvons rapidement notre bière, et quittons ce lieu sans aucun regret… Il est 17h 30, et il n’est pas question pour nous de traverser vers Majorque ce soir, nous devons absolument trouver une crique abritée sur Ibiza, la quête impossible commence… Nous approchons tous les recoins de la côte pour y dénicher l’endroit idyllique susceptible de nous accueillir pour la nuit, sans succès. Le soir tombant, la pression monte. Nous trouvons un petit quai bâti dans une crique, mais impossible d’y installer les tentes, nous partons plus loin encore…

Nous arrivions au point bouclant le tour complet de l’île, quand enfin, nous trouvons la perle rare, un abri pour le bateau, et suffisamment d’espace pour les tentes, il est 19h. Après cette longue recherche, nous avons largement mérité l’apéro ; Lolo et Jean Claude s’activent.

Nous avons navigué de 8h à 19h, parcouru 118 Mn (218 Km), et consommé 150 L.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SUITE DU REPORTAGE...

 

olivier@pneuboat.com