Samedi 31 Mai 2003

Il est 8h quand nous quittons la cala Serra sur Ibiza, cap sur Palma de Majorque à 55 Mn de navigation. Une fois de plus la météo nous gratifie de sa plus belle parure accompagnée d’une mer d’huile… Nous avons une chance de c…. Vite ! Il faut téléphoner à la maison…. Ah ! Pas de réseau !!!

Avec une telle mer, tout devient possible à bord à plus de 20 nœuds, café, discussions autour d’un biscuit, repos à l’avant sur les sacs, ce n’est plus un semi-rigide, c’est un salon de thé !!!

Nous approchons de la baie de Palma, avec ses collines relativement bétonnées, ses nombreux yachts sillonnant dans tous les sens et une multitude de ports qui s’offrent à nous. Nous pointons notre étrave sur Portalls au Nord Ouest de Palma, un port abritant de nombreuses unités de luxe, bordé de Palmiers et d’habitations colorées. A l’entrée, les vestiges du ras de marée consécutif au tremblement de terre en Algérie, un voilier d’au moins 20 mètres a été jeté à la plage, il est couché dans l’eau par 2 mètres de fond ; très impressionnant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avancerons une bonne dizaine de milles plus au Nord pour trouver l’endroit idéal. C’est la cala Aguit qui est choisie, nous pouvons même poser le nez du bateau sur la petite plage tellement l’eau est calme. Il est 20h, le matériel s’installe.

Nous avons eu une petite contrariété lors du repas ; nous avions passé l’apéro et l’entrée sans problème, quand la poêle qui servait à faire chauffer le bœuf bourguignon a décidé d’effectuer un triple salto arrière, depuis le réchaud… Ceux qui ont léché la gamelle du peu qui restait, nous ont confirmé que nous avions de bonnes raisons d’être déçus !

La navigation de cette journée nous a fait parcourir quelques 125 milles (231 Km) de 8h à 20h et consommé 167 L. de carburant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marc SCHALK à la barre (responsable communication du RAID BALEARES 2003 et webmaster du site PNEUBOAT)

 

 

 

 

Dimanche 1 Juin 2003

Départ 8h, nous slalomons entre les pavés pour sortir de la crique, une fois de plus la météo est avec nous, mer d’huile et grand soleil. Les 2h15 de traversée vers Minorque nous conduisent à Mahon un grand port de l’île. Le plan d’eau est tellement calme que la moindre vaguelette de sillage nous dérange.

A 10h 45, nous pénétrons dans ce profond port, remarquablement fortifié. Le poste à carburant est ouvert, mais il est à court d’essence, le pompiste nous explique le chemin pour rejoindre la station en ville à 500 mètres de là. Les jerricans nous servirons à amener les 164 L à compléter. Il faut préciser que la tache devient moins pénible à 6 personnes… Certains d’entre nous utiliserons même un caddie de supermarché trouvé là.

Après un petit complément alimentaire, nous reprenons notre route pour aller manger un peu plus loin au calme. Une dizaine de milles plus au Nord, nous jetons l’ancre dans la cala Tamarells bien abritée de la petite île Colom. Le calme est relatif, puisque nous ne sommes pas les premiers à convoiter ces mouillages idylliques. Le repas est bref, et la navigation reprend afin de boucler notre tour le soir même. Une brève halte à Fornells qui se trouve au fond d’une magnifique baie, quelques photos, et cap sur Ciutadella à l’extrême Ouest de l’île. Ce sera notre point de départ pour la traversée retour vers le continent espagnol.

 

 Olivier PETIT (organisateur du  RAID BALEARES 2003)

 

 

 

 

Nous n’avons guère besoin de carburant après ces 2h 45 de navigation, juste un petit tour au supermarché du coin. L’accueil est agréable, et un petit coin du quai « visiteurs » nous est attribué. Inutile de vous dire que nous faisons un peu « tâche » dans ce port où il n’y a pas de bateau de moins de 12 mètres ! Au retour de nos courses, nous entamons la discussion avec notre voisin de quai, un Luxembourgeois qui effectue un tour du monde sur son voilier de 16 mètres. Celui-ci nous demande ou est notre bateau, et nous avons beaucoup de mal à lui expliquer qu’il est devant ses yeux !!!  ……….Ici, un pneumatique de 6 mètres 50, c’est une annexe !!!

Nous traversons le golfe de Palma en direction de la cala Pi pour remonter la côte Est de Majorque. C’est à 14h que nous nous amarrons aux parois rocheuses de la petite crique étroite et profonde, ce qui en fait notre piscine naturelle privée le temps de l’escale…Le fond de ce goulet n’est accessible qu’en pneu !  …Le raid, ça a du bon quand même…

15h, le repas est rangé, la digestion se fera à 22 nœuds, notre vitesse de croisière. Il nous faut gagner Porto Cristo (35Mn) avant le soir, pour le carburant nécessaire à la traversée du lendemain vers Minorque. Nous passons la pointe Salinas (extrême Sud de Majorque) en laissant sur notre droite le petit archipel de Cabrera avec encore un petit regret, mais on ne peut pas tout attraper… La cote Est de Majorque est nettement plus attrayante avec ses criques qui s’enfoncent profondément dans les terres ; évidemment, de richissimes propriétaires ont su bâtir d’énormes villas en première ligne…dommage…

Nous passons travers Porto Colom, et juste après vient Porto Cristo. Nous nous engouffrons dans ce joli port très profond qui forme l’embouchure d’une petite rivière, le poste à carburant est au fond. Pas de chance, nous sommes samedi, et la distribution n’est pas assurée le week-end !

Il nous faut trouver une autre solution. Pendant que certains se perdent dans les documents nautiques, d’autres font avancer les choses, et trouvent quelqu’un qui accepte gentiment de nous amener à la station voisine avec nos jerricans. Ici, c’est le club nautique qui gère le port, et au fil des contacts, auxquels nous racontons notre périple, la surprise se lit sur les visages des espagnols ; ce qui nous vaut quelques réactions surprenantes, l’un nous dit :                                       - Ou vous avez des grosses c….. Ou alors une petite tête !

Un autre nous dit que nous mériterions une bonne fessée !!! Tout cela en rigolant bien sur, ce qui nous laisse apprécier la qualité de l’escale… Douche pour certains, bar du club nautique pour les autres, nous passons un excellent moment, et nous avons du mal à partir. Il le faudra pourtant, afin de trouver un emplacement correct pour le bivouac.

 

 

 

 

 

Il est 17h quand pénétrons dans le port de Ciutadella, les pompes sont bien entendu, fermées (dimanche), il nous faut donc improviser une nouvelle fois pour le plein de carburant (60 L.). La station en ville se trouvant trop loin, nous tentons l’option du taxi…

Au départ, celui-ci accepte de nous amener avec nos jerricans vides, mais refuse de transporter de l’essence. A force de persuasion (et 15€ ! ), il accepte. Le ravitaillement s’effectuera en un temps record. De ce fait, nous disposons d’un petit moment pour traîner en ville ; les uns visitent les rares magasins ouverts, les autres se dirigent droit vers le premier bar tapas. Le bateau est approché au plus près…

Il ne s’est pas passé plus de 15 minutes avant que le propriétaire de la place que nous occupions s’est présenté à l’arrière du BWA garé nez au quai. Nous nous précipitons donc sur le bateau, les tapas sont décommandés et tout le monde accourt. La manœuvre se passe très vite (trop) ; mise en route, largage des amarres et marche arrière. Le bout qui nous tenait l’arrière (la pendille) n’a pas le temps de couler qu’elle se prend dans l’une des hélices, le bateau est stoppé. Nous étions maintenant en travers, immobilisés au milieu du chenal...

Pour passer inaperçus, nous ne pouvions faire mieux ! Tout naturellement, le propriétaire de la place, commence à râler… Heureusement, les réactions à bord sont vives, et 10 minutes plus tard, nous étions libérés sans casse… Nous quittons Ciutadella, les oreilles basses, et la queue entre les jambes…

Nous devons trouver maintenant le bon endroit pour notre dernier bivouac, et nous tombons tous d’accord pour nous installer dans la cala Son Saura, une superbe plage déserte, dans une anse très abritée. Mise en place, baignades et repas seront nos occupations du soir.

Cette dernière journée sera la moindre puisque nous avons navigué sur une distance de 98 Mn   (181 Km) entre 8h 30 et 19h 30. Nous avons brûlé 128 L. d’essence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Franck HEURTEBISE (aide technique)

 

 

Bertrand BEAUJEAN (responsable technique)

Lundi 2 Juin 2003

Nous nous levons à 5h pour ce retour vers Empuriabrava, mais nous ne sommes en mesure de partir qu’à 7h30, pas d’affolement, la météo est toujours de notre coté. Nous parcourerons encore ces 148 milles avec une facilité déconcertante, et c’est à 14h que nous passons la digue d’Empuria. Nous allons encore devoir faire face à une inconnue, l’autorisation d’utiliser la rampe normalement limitée aux bateaux de moins de 5 mètres. Ici, il faut le savoir, au-delà de 5 mètres, on grute les bateaux, pneu ou pas (52 €)…

Le capitaine du port revient à 15h, ce qui nous laisse le temps d’aller manger. Compréhensif, celui-ci nous délivre son autorisation, nous présentons la remorque rapidement devant la barrière, le bateau est sorti de l’eau, mais une autre surprise nous attend…

C’est maintenant à la police judiciaire Espagnole à qui nous devons rendre des comptes. Et oui, un pneumatique qui arrive de nulle part et qui est sorti avec précipitation, ça intrigue !... Cordialement, nous fournissons tous les papiers affairant aux personnes, aux véhicules, nos sacs sont fouillés et après vérification, nous pouvons rentrer chez nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

                                                                                   

 

 

BILAN ET CHIFFRES

 

ALBUM PHOTOS

 

olivier@pneuboat.com

 

 

 

 

Laurent AVRIL (responsable intendance du RAID BALEARES 2003)

Jean Claude PERANDUS (trésorier du RAID BALEARES 2003 et président du PPCP)