Imaginé par Tanguy Le Bihan, ce bateau (E3H) a été conçu selon deux idées : modernité et écologie.
L’environnement en mer un enjeu commercial pour tous les constructeurs nautiques.
Acculés par les difficultés économiques, les chantiers navals adoptent une stratégie non pas de repli mais plutôt d’ouverture et surfent sur la tendance écologique, même si celle ci reste encore un peu embryonnaire. La plaisance n’est pas une activité des plus polluantes, mais force est de constater, prix de l’essence oblige, que les passionnés de la mer, délaissent plus facilement depuis quelque temps, le moteur essence ou gasoil, au profit, des moteurs électriques ou hybrides.
Tout ce qui touche l’environnement prend une importance fondamentale :
Mais ne nous trompons pas sur cette subite prise de conscience de la part des grands constructeurs de bateaux. En effet, la protection de l’environnement et l’écologie sont devenus un segment économique porteur à exploiter. De cette constatation, moteurs hybrides, coques en fibre de lin ou en contreplaqué, récupérateur d’eau de pluie, éoliennes, panneau solaire, la protection de l’environnement en mer est devenue incontournable pour tous les constructeurs et équipementiers nautiques de la planète.
Les chantiers, préservent, innovent, produisent, et réinventent la plaisance :
Quelques chantiers se distinguent, avant gardistes hier, dans la tendance aujourd’hui, ils s’affichent comme une des solutions prometteuses pour demain. Quelques exemples bien sûr non exhaustifs, comme, le trimaran Zéphyr, conçu par Naviwatt, qui respecte la vision d’un nautisme responsable, et qui propose un bateau à propulsion électrique, avec une nouvelle motorisation qui permet de gagner encore en vitesse, en autonomie, et en manœuvrabilité.
La société Alt.En :
Le tout premier bateau électrique consacré au transport de passagers l’Aquabus C60, a été implanté en avril 2005 dans le Var.
Depuis, le marché du bateau transport (bateau-bus) hybride ou électrique, Monaco, Marseille, la Rochelle, Paris, est manifestement un domaine en fort développement, et cela grâce à un partenariat souvent public-privé. C’est ce que ne manque pas de nous rappeler la société AltEn (Alternatives Energies SA), en la personne de Monsieur Pallu de La barrière. AltEn exerce sur le marché du bateau transport de passagers à propulsion électrique, sans émission, de 30 à 150 places et sur l’application lignes de transports régulières, comme ces navettes du Millénaire qui assurent la liaison entre la station de métro du nord de Paris, Corentin Cariou (ligne 5), et les 110 000 m² de bureaux du nouveau Parc du Millénaire.
La consommation d'une navette Alt.En, se traduit par un coût d'énergie inférieur à 1,5 € par jour.
Alt.En prévoit d’étendre ses activités au bateau à passagers de croisières et promenades en plan d’eau intérieur et abrité avec des bateaux sans émission mais aussi des bateaux hybrides. Alt.En démontre à travers cela, sa capacité à produire des bateaux zéro émission, capables de s’intégrer dans le réseau de transport en commun d’une grande ville européenne.
Le « E3H », imaginé par Tanguy Le Bihan, pour la société Brestoise E3H (comprenez « Efficient Electric Evolved Hull ») a été conçu selon deux idées : modernité et écologie. La modernité par un design élégant et surtout différent, et l’écologie par le choix de l’électricité comme énergie. Long de 7 m, pour 2,50 m de large, avec un tirant d’eau de 40 cm, Odonata pèse 700 kg et peut atteindre une vitesse maximale de 17 noeuds. Il est équipé, pour la propulsion, d’un système de pods, avec deux moteurs de 5 kW (13,58 ch). Odonata abrite quatre batteries, en lithium ion, de 30 kg chacune.
Mais aussi, les chantiers Armor qui fabriquent leurs coques de bateaux par « infusion » pour éviter les émanations de composés organiques volatils. Le résultat de ces constructions éco responsables, ne sait pas fait attendre à l’image de Armor Boat, qui a vendu pour 280.000 euros, un bateau équipé d’un moteur Nanni Industries (un nouveau moteur révolutionnaire hybride diesel / électrique), une demi-heure après l’ouverture du Grand Pavois de La Rochelle 2009, puis sept autres en moins de quarante-huit heures. De quoi susciter quelques convoitises chez les concurrents.
Chantier (B.E.I) spécialisé dans la propulsion électrique :
Les bateaux électriques sont de plus en plus sollicités chez nos cousins canadiens. En 2008, les ventes de la société Bateaux Electriques International (B.E.I),qui fabrique quatre modèles de bateaux électriques ,dont les prix oscillent entre 8.700 euros et 19 500 euros, et dessert les marchés du Québec, de l’est du Canada et une partie des États-Unis, ont flirté avec le million de dollars…
Ruban Bleu, une entreprise innovante dirigée par Monsieur De Veyrinas :
Ruban Bleu, entreprise Française implantée à Nantes, est leader en Europe de la construction de bateaux électriques. Elle conçoit, assemble et commercialise, dans une démarche de développement durable, une gamme complète de bateaux électriques fiables, performants, et silencieux de 5 à 30 places, à l’image de ce Laguna 760, un bateau luxueux, aux lignes pures, de 7,60m, doté d’un moteur très puissant de 45 KW qui lui permet de naviguer en mer, pour un prix en version 50 kW de 122 900 euros. Depuis sa création en 1992, Ruban Bleu a distribué 1200 bateaux, dans de nombreux pays à travers le monde.
Issu du partenariat entre la maison de luxe parisienne Hermès et le célèbre constructeur de yachts Wally.
es yachts de luxe à la mode écologique :
Le constructeur de yachts monégasque Wally, s’associe à la grande marque de baggagerie Hermès, pour son yacht baptisé WHY (Wally Hermès Yachts), qui sera équipé de 900 mètres carrés de panneaux solaires qui alimenteront un moteur hybride diesel‐électrique et suppléeront aux besoins énergétiques de fonctionnement, réduisant de moitié la consommation de pétrole. « Si l’on veut être totalement écologique, la seule réponse est la voile, ajoute Luca Bassani Antivari. Mais aujourd’hui, 90 % du marché est constitué de bateaux à moteur. Notre objectif est de réduire la consommation de carburant de 20 à 30 % par an et par navire pour la propulsion et de 40 à 50 % pour la génération électrique à bord. »
Deux sociétés françaises ECOVA et EVTRONIC proposent un bateau de plaisance hybride afin de promouvoir les bateaux électriques comme Toyota l’a fait pour la voiture avec la Prius.
Le choix du bateau découle de paramètres tels que :
- Une coque à déplacement
- Une capacité moyenne (10 à 20 personnes)
- Un type de bateau bien connu pour pouvoir faire des comparaisons.
La pinasse du Bassin d’Arcachon sur la côte Sud ouest de la France répond à ces critères. Les principales caractéristiques de la pinasse sont :
- L ongueur : 2 .50 mètres
- L argeur : 2.90 mètres
- Poids : 3.5 T
- Vitesse limite de coque : 9 nœuds.
Les caractéristiques électriques sont :
- Puissance du moteur électrique : 10 kW
- Tension batteries : 48 v
- Capacité batteries : 20 kWh
- Puissance du groupe électrogène diésel : 10.6 kW
Des capteurs et un système d’acquisition de données ont été installés sur le premier modèle pour mesurer la vitesse d’hélice, la vitesse du bateau, la durée des cycles d’utilisation, la puissance absorbée par le moteur électrique, l’énergie prélevée sur le réseau, l’énergie délivrée par le groupe électrogène, la consommation de gas oil… dans le but de déterminer le coût réel d’utilisation du bateau et d’optimiser la chaîne hybride de propulsion.
Ce modèle est disponible à la vente dès le début 2009
Contact : ECOVA – 58 bis rue de canteloup – 33170 Gradignan
ecova@]wanadoo.fr – Tel. : 05 57 59 12 55 – www.ecova.fr
Les avantages sont multiples, mais encore limités :
Les moteurs sont silencieux et n’émettent pas de pollution, et le bateau n’a plus la limite d’autonomie (panneau solaire , éolienne) qu’il aurait, en utilisant un carburant classique dont le volume est limité à bord.
Mais ne nous voilons pas la face, le domaine maritime, pour le tout électrique, présente de nombreux risques (le courant, le vent, les vagues, les distances importantes qui séparent l’embarcation de la côte et la vitesse des changements météo).
On admet généralement que pour naviguer correctement en mer avec un bateau de taille moyenne ( 7 mètres) il est nécessaire d’avoir un minimum de puissance (40 kW/h) et surtout un minimum d’autonomie (au moins 1h30 à pleine puissance pour pouvoir répondre à tous les imprévus). Or, avec les solutions de batteries actuelles, ce n’est pas encore envisageable.
A noter que l’architecture de la coque et la vitesse souhaitée peuvent réduire sensiblement la demande de puissance. Et Bruno Hervouet d’ Aequus Boats de préciser : « Un First 260 (7,70 m) est généralement doté d’un moteur de 9 ch soit 6,7 Kw. Au moteur, ces bateaux avancent à plus de 6 noeuds quelles que soient les conditions de mer et de vent. Qui plus est, nous parlons là de puissances moteurs mesurées à l’arbre moteur et au meilleur régime moteur et pas de poussée à l’hélice. Or, un moteur thermique, de par son faible couple à bas régime, ne peut entraîner une hélice à fort rendement. Un moteur électrique, et particulièrement un moteur synchrone, pourra entraîner une hélice au rendement à peu près deux fois plus fort. Ainsi, la poussée à l’hélice d’un moteur de 4, 5 Kw (6Ch) sera pratiquement celle d’un diesel de 15 Ch. L’Aequus, 7 mètres et 1150 Kg navigue à 7 noeuds avec seulement 4 Kw. Son autonomie est de 10 heures à 5 noeuds hors apport solaire! Bien suffisant pour un day boat de balade familiale! Évidemment pas suffisant pour faire du ski nautique … ».
Mais ne désespérons pas, le coût et la pénurie de pétrole devraient demain accélérer l’évolution à l’utilisation du bateau sans contrainte, et en toute liberté, sans parler de l’ abondance de l’énergie calorifique qui, elle, est inépuisable partout sur la planète, sans avoir à chercher une station pour faire le plein.
On ne pouvait exclure les chantiers navals de renom, qui œuvrent pour une navigation plus propre, comme Poncin Yachts, les chantiers Armor, Bénéteau, et tout dernièrement le chantier RM.
Pour construire la gamme de voiliers Harmony, le Groupe Poncin Yachts a bâti un chantier naval d’avant-garde en matière de technologie et de protection des hommes et de l’environnement.
Conclusion :
Pour respecter la vision d’un nautisme responsable vis-à-vis de l’environnement, et de la biodiversité, des enjeux importants et stratégiques de mobilité alternative, pour la plaisance et le loisir, se mettent en place pour le grand publique. Silencieux, sans rejet, rechargeables par éolien/solaire, hybrides ou à pile à combustible, ils offrent les meilleures technologies de motorisation et de stockage en énergie propre dans un contexte d’innovation rapide, sur les années à venir.